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Vie Associative
 


ASSEMBLEE GENERALE
du 12 MARS 2005

RAPPORT D'ACTIVITE

présenté par
Jacques MAGAGNOSC,
Délégué Général

2004 a été l'année du rebond, mais n'a pas été l'année du renouveau.
Notre activité a progressé en chiffre d'affaires et en volume par rapport à l'année précédente qui avait été une saison noire pour le tourisme (guerre en Irak, SRAS en Asie).
Nous retrouvons une activité comparable à 2002 avec de fortes modifications dans la répartition géographique et de modes d'activités (groupe/individuel ou type de voyages).
Notre résultat courant demeure positif de 146 K€ malgré une baisse relative par rapport au chiffre d'affaires.

1. ACTIVITE 2004

1.1. Les données chiffrées
Notre chiffre d'affaires activité est passé de 8 841 K€ à 10 279 K€, soit une progression de 1 438 K€ (+16,26%).
Le nombre de passagers est passé de 12 855 à 13 520, soit une augmentation de 665 (+5,17 %).
Nous constatons immédiatement que le chiffre d'affaires a augmenté plus vite que le nombre de passagers, ce qui veut dire que les choix se sont portés sur des voyages plus chers.
Le résultat courant de 146 K€ reste positif, mais baisse proportionnellement au chiffre d'affaires sous le double effet de produits financiers plus faibles, dû à des taux très bas et la fin des exonérations de charges de la loi Aubry, suite à notre anticipation au passage aux 35 heures.
D'importantes redistributions ont eu lieu que je pourrai résumer à des choix plus importants sur les longs courriers aux dépens des séjours de proximité et plus de voyages en groupes constitués.
Pour plus de clarté, les données qui vont suivre ne prennent en compte que les voyages individuels.

1.2. Les zones géographiques
Dans quelles régions êtes-vous
allés ?

1.2.1. L'Europe en baisse

Chiffre d'affaires K€ :
2003 : 3 349
2004 : 2 810
Variation : - 16,09 %
Passagers :
2003 : 7 348
2004 : 6 832
Variation : - 7,02 %

L'Europe avait résisté à la crise de l'année 2003.
En 2004, nos deux pays leaders ont connu des baisses importantes : l'Italie passe de 960 K€ à 722 K€ et l'Espagne de 525 K€ à 392 K€.
La Grèce continentale, qui avait connu une lente érosion, a été sinistrée
(285 K€ à 55 K€) pour cause de Jeux Olympiques.
Surnagent dans ce repli général, la Croatie (114 K€ à 153 K€), Malte (53 K€ à 85 K€), Prague (54 K€ à 71 K€) et la Bulgarie (56 à 73 K€).
Devant ces constats, la question qui se pose est de savoir si pour ces pays, il s'agit de phénomènes durables ou pas.

La réponse n'est pas aisée,
ni homogène.
Des croissances durables sont constatées et peuvent être projetées sur les trois ans à venir pour la Croatie, Prague et, à degré moindre, Malte.
Le cas de l'Italie est curieux, croissance en 2003 en année de crise, décroissance en 2004, année de reprise. La fluctuation importante de la Sicile, qui avait été une destination refuge pour 2003, et qui chute lourdement en 2004, explique une bonne partie de cette instabilité.
Plus inquiétant est le cas de la Grèce continentale et de l'Espagne qui connaissent une érosion lente mais régulière au fil des ans. La mise à niveau des prix de ces pays
me paraît une explication.

.2.2. L'Afrique stable

Chiffre d'affaires K€
2003 : 1 556
2004 : 1 501
Variation : - 3,5 %
Passagers :
2003 : 1 756
2004 : 1 736
Variation : - 1,13%

Au point de vue touristique, il existe deux Afriques : le Maghreb et l'Egypte d'une part, l'Afrique continentale et Madagascar d'autre part.
L'Egypte progresse nettement (168 K€ à 255 K€), la Tunisie de façon modeste (602 K€ à 640 K€). Ces deux pays, traditionnellement très visités, doivent dans les trois ans à venir connaître une progression de 25 % qui leur permettra de retrouver les chiffres du début des années 90. C'est la stabilité de la situation politique qui décidera. Le Maroc (284 K€ à 164 K€) recule sans que nous y trouvions de raison rationnelle.
Quant à l'autre partie de l'Afrique, le fait le plus notable est la bonne progression de Madagascar (95 K€ à 132 K€). L'Afrique continentale et l'Afrique de l'ouest souffrent d'une injustice structurelle. Les candidats aux voyages ne se bousculent pas pour ces régions riches d'histoire, d'ethnies et de traditions où le contact avec la population est facilité par une francophonie répandue.
Madagascar fait exception et attire la curiosité.

1.2.3. L' Asie : la reprise

Chiffre d'affaires K€
2003 : 1 383
2004 : 2 137
Variation : + 54,52 %
Passagers :
2003 : 1 002
2004 : 1 398
Variation : + 39,52 %

Les effets du SRAS et de la guerre en Irak sont effacés et le continent retrouve son activité moyenne.
Si nous faisons abstraction de l'année 2003 qui ne peut être une année référence, nous remarquons un tassement des fréquentations des pays d'Asie (Laos, Cambodge, Thaïlande, Viet Nam) et une croissance de l'Inde, de l'Asie centrale (Ouzbékistan, Kirghizistan) et du proche-orient (Jordanie, Syrie). Cette dernière région devrait connaître une forte croissance si les relations entre Palestiniens et Israéliens continuent d'évoluer sur le chemin de la négociation. Les réactions de la population libanaise après l'assassinat de l'ex-premier ministre Rafik Hariri laissent planer des doutes sur la situation en Syrie.


1.2.4. L'Amérique : un petit plus avec de gros changements

Chiffre d'affaires K€
2003 : 1 084
2004 : 1 173
Variation : + 8,21 %
Passagers :
2003 : 555
2004 : 598
Variation : + 7,48 %

De très importantes variations ont touché les destinations de ce continent.
Le Mexique (200 K€ à 370 K€), le Chili (98 K€ à 300 K€) et le Canada (39 K€ à 64 K€) ont progressé de façon importante.
Parallèlement, le Pérou (384 K€ à 300 K€), le Guatemala (79 K€ à 69 K€), l'Equateur (58 K€ à 25 K€) et Cuba (87 K€ à 67 K€) ont régressé de façon significative.

.3. Quels types de voyages avez-vous choisis et quand êtes-vous partis ?

Sont en progression : les voyages expéditions, les locations et les circuits.
Sont en régression : les séjours, les autotours, les randonnées.

Au-delà de ces fluctuations à court terme, il est intéressant de remarquer les phénomènes plus longs.
Les deux types de voyages sédentaires connaissent des fluctuations inverses. Les séjours représentaient 59,67 % des passagers en 2002, 57,21 % en 2004, les locations à l'inverse passent de
4,33 % à 7,99 %. Compte tenu du poids primordial des séjours dans l'ensemble de notre activité, leur lente érosion nous oblige à réfléchir à notre programmation.
Les voyages itinérants sont remarquablement stables avec un tassement pour les autotours (7,91 %
à 7,50 % en passagers) et une progression lente, mais régulière, des voyages expéditions (13,56 % à 14,31 % en passagers). Nous pouvons nous réjouir de cette dernière évolution, car ce type de voyage permet de réaliser au mieux nos objectifs de solidarité.

Une baisse régulière, les randonnées qui souffrent des problèmes politiques de notre destination phare le Népal.

En ce qui concerne les dates de départs en voyage, nous constatons une très régulière diminution des départs de juillet et août qui, au fil du temps, sont passés de près de 60 % au milieu des années 90 à 56,67 % en 2003, puis 55,23 % en 2004. Cette baisse se fait au profit des trois autres saisons de l'année.
L'étalement des vacances devient une réalité.

1.4. Voyages individuels, voyages groupes, voyages àla carte

- Les voyages individuels ont progressé de 4,5 % en chiffre d'affaires et ont très légèrement régressé en nombre de voyageurs (- 0,91 %). Ce phénomène s'explique par des choix : voyages plus lointains donc plus chers, alors que les voyages/vacances de proximité régressent.

- Les voyages groupes ont nettement progressé, aussi bien en chiffre d'affaires (+ 60,60 %) qu'en nombre de passagers (+ 31,45 %).
Ce département, plus sensible aux problèmes politiques, résiste mieux aux difficultés économiques, compte tenu de l'aide dont bénéficient les salariés d'entreprises ayant un comité d'entreprise.
La zone Est gérée par notre antenne de Strasbourg a plus que doublé son activité qui avait baissé, il est vrai, de près de 40 % en 2003.
La zone Ouest/région parisienne bénéficie de l'implantation d'un poste commercial qui commence à porter
ses fruits.
La zone Rhône Alpes/Sud Est, base historique, progresse de 10,8 % après avoir été la seule à consolider ses positions en 2003.

Je dois signaler que, d'année en année, il se confirme que les collectivités incitent de plus en plus leurs salariés ou sociétaires à choisir des voyages individuels. Ce phénomène régulier enrichit le travail des commerciaux auprès des C.E. ou associations.

- Les voyages " A la Carte ", notre petit dernier né, progresse en chiffre d'affaires de 67,6 % et en volume de 56,40 % , mais ne retrouvent pas encore les chiffres de l'année 2002.

 


De façon résumée et synthétique, nous pouvons, en guise de conclusion, faire les constats suivants :

- Tous les continents sont stables ou en progression, à l'exception de l'Europe dont les volumes s'effritent.
- Un glissement de l'activité sédentaire vers les voyages itinérants, en particulier les voyages expéditions.
- Une importance accrue pour les voyages aidés via une collectivité.
- Un étalement plus régulier des départs.

En schématisant, nous pourrions dire que les Arvéliens vont plus loin, voyagent plus souvent dans l'année, mais se déplacent moins en famille.


2. LES VOYAGES ARVEL

Arvel n'évolue pas de façon isolée sans subir les tendances lourdes du marché du tourisme. Vérité de Lapalisse certes, mais qui nous oblige à prendre en compte la fin de l'âge d'or du tourisme. Les croissances annuelles à près de deux chiffres sont dernière nous. Le deuxième phénomène est l'augmentation du niveau d'exigence des voyageurs. Le troisième constat est la demande croissante d'authenticité et de solidarité. Le quatrième phénomène est la modification des habitudes d'achats avec la montée en puissance des ventes de dernières minutes soldées
via internet.
Nous devons tenir compte de toutes ces réalités tout en gardant le cap de notre engagement social et solidaire.

2.1. Nos priorités

211 - Des voyages pour le plus grand nombre
Cette orientation, nous la concrétisons en proposant des voyages de proximité à prix moyen et en accordant des remises de 10 % en fonction du quotient aux familles à revenus modestes dans un certain nombre de séjours.
Soyons satisfaits de constater que nous sommes les seuls à proposer ce type de réduction à l'étranger.
En 2004, la France et 6 pays ont été concernés (Espagne, Italie, Croatie, Tunisie, Grèce, Autriche) soit au total 25 destinations, dont 16 hors de France.
Nous devons continuer notre politique en faveur des revenus modestes et sensiblement accroître les destinations à réductions solidaires.

212 - Des voyages solidaires
En partenariat avec des associations ou O.N.G., nous continuons à faire découvrir et à aider des missions de développement dans des pays d'Asie, d'Amérique latine ou d'Europe orientale. En 2004, 19 destinations figuraient dans notre programme des voyages solidaires et 679 Arvéliens les ont choisies. Nous souhaitons que les voyages permettent une appréhension des richesses historiques, culturelles mais aussi humaines des pays visités, nous devons développer ce type de voyage.

Entre de nombreux exemples (en effet, nous intervenons auprès de 19 projets) et pour rester … régional, on peut citer l'association Jangalekat qui veut dire professeur en … wolof. Cette association lyonnaise, relayée sur place par des habitants du petit village de N'Dangane, a mis en place un centre de loisirs et d'éducation où 3 animateurs organisent des activités pré et péri scolaires pour les enfants de 3 à 15 ans. Environ 40 enfants fréquentent le jardin d'enfants, une quinzaine participe au soutien scolaire. Cette action a permis de réunir les parents d'élèves autour de ces projets et des objectifs de l'association

Au Viet Nam, l'association Xuan - lyonnaise aussi - a créé 7 maisons familiales pour accueillir les enfants des rues, une école maternelle pour 10 enfants, un dispensaire. Comme pour tous les voyages solidaires, la rencontre avec les responsables de ces actions et la visite des réalisations font partie du programme des voyages expéditions organisés dans ces pays.

213 - Une animation soucieuse de la qualité et du contenu de tous les voyages
L'exigence culturelle et humaine est la même quel que soit le type de voyage et tous les animateurs de notre association ont pour tache de faire vivre le lieu, pays ou région où ils travaillent avec vous en Croatie ou au Pérou … en séjour, en circuit ou en voyage expédition.

Deux exemples au hasard :
En Croatie, lors du séjour à Orebic, l'animatrice d'ARVEL propose un repas chez Božena, une habitante qu'elle a découvert dans l'ancien village situé dans les hauteurs et qui fait déguster vin, jambon, fromage, pain, le tout " fait maison ". Tout en expliquant le double mode de vie fréquent dans la région : l'homme marin, la femme gérant l'activité de la ferme. Une vision loin du monde du tourisme.
En Tunisie, les animateurs ont à cœur de proposer aux adhérents d'ARVEL de découvrir les hammans locaux, occasion privilégiée de contacts authentiques avec les Tunisiens dans un contexte quotidien où habitants et touristes se retrouvent tous en situation d'égalité. Rien à voir avec les hammans aseptisés des grands hôtels internationaux.

214 - Notre action au sein de l'économie sociale
ARVEL est membre de l'UNAT (Union Nationale des Associations de Tourisme) et à ce titre, nous participons à deux commissions (la commission Voyages que je préside et la commission Tourisme solidaire et responsable). Depuis cette année, nous occupons un siège au conseil d'administration tenu par notre président Pierre Vial.
Nous avons participé à la préparation des négociations pour la révision de la loi de 92 qui régit la profession. Après de nombreuses péripéties, la volonté de simplification administrative et de clarification débouche sur peu de chose. Sur les quatre autorisations administratives nécessaires pour faire notre métier, il n'en restera que deux, la licence pour les sociétés et l'agrément pour tous les autres. En y regardant de plus près, aucune procédure n'a réellement changé.
Le danger de cette réforme est l'interprétation que la licence concerne des professionnels et l'agrément des amateurs.
Les limites de cette réforme sont qu'aucune des règles de la loi 1992 régissant les rapports usagers/professionnels n'a réellement été abordée, alors que certaines sont inapplicables.
Un élément positif devrait intervenir quand les décrets d'application seront publiés ; les associations fiscalisées pourront faire de la publicité sans contrainte.

Nos partenariats avec des associations de l'économie sociale et en tout premier lieu Renouveau et Espaces Vacances continuent à donner satisfaction sur la base d'échanges de prestations réciproques.

2.2. Nos capacités à répondre aux nouvelles réalités

221 - Un niveau d'exigence plus important
Le voyageur des années 2000 n'accepte plus les conditions de confort du voyageur des années 1970.
Nous devons également tenir compte de notre engagement d'authenticité et de respect de l'environnement local.
Ces deux données sont difficiles à satisfaire en même temps, en particulier pour les séjours.
Nos choix prioritaires d'hôtels conviviaux à gestion familiale, bien intégrés dans l'architecture locale, ne permettent pas toujours d'avoir le niveau de confort et des services collectifs qu'offrent de grandes structures. A ce stade de constat, nous agissons de deux manières. Tout d'abord en ayant un rapport d'exigence qualitative plus élevé auprès des hôtels, mais aussi en les aidant pour des mises à niveau (climatisation, sanitaires…). D'autre part, en faisant un effort de communication pour faire comprendre qu'aucun confort ne peut remplacer la convivialité et le contact avec les populations des pays visités.

222 - Des réservations de plus en plus tardives
Cette tendance ne cesse de se confirmer au fil des ans. Elle perturbe notre gestion des stocks dont la rigueur est un gage de nos résultats. Les adaptations sont extrêmement limitées. La seule solution est de mieux faire comprendre l'intérêt d'un achat anticipé (certitude d'avoir la place dans le voyage désiré).
Devons-nous aller jusqu'à l'incitation financière ?

223 - Une communication rapprochée
Nos moyens et les règles injustes actuelles ne nous permettent pas de nous appuyer sur des campagnes publicitaires importantes.
Aussi nous voulons récompenser votre fidélité en réalisant des brochures et un site que vous recevrez ou consulterez gratuitement.
Pour les deux supports, l'objectif est d'allier clarté des informations, facilité de recherche, qualité de la présentation. Vos photos qui illustrent l'essentiel de ces pages nous aident énormément.
Depuis l'année dernière, nous publions 10 fois par an lettre @ d'Arvel qui vous informe sur les voyages nouveaux ou disponibles et sur la vie associative.
Le nombre d'abonnés est de 6300 fin février et vous serez près de 10 000 l'année prochaine.

Les achats d'espaces publicitaires et la présence dans les manifestations locales, les salons grands publics ou ciblés sur les ciblés sur les collectivités se partagent en fonction de critères professionnels ou d'affinités.
Vos apports d'adresses d'amis que vous nous communiquez quand vous remplissez les fiches " Dites-nous franchement ", votre engagement dans le service les " Les Arvéliens parlent aux Arvéliens" sont d'une importance première.
Enfin, nos rencontres dans les deux dîners annuels dans des villes toujours renouvelées sont toujours enrichissantes en terme d'échanges.

Je conclurai avec pour formule " ARVEL se porte aussi bien, sinon mieux, que l'environnement touristique ".
Votre fidélité, notre rigueur de gestion, l'engagement et le professionnalisme de l'équipe nous permettent d'avoir une activité qui se maintient au fil des ans avec des résultats positifs.
Notre conception du voyage, qui donne la possibilité de DECOUVRIR, RENCONTRER et de PARTAGER, doit être poursuivie et affinée.

Espérons que les beaux jours reviendront pour l'activité touristique.


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